Sarah Dégallier Rochat

Professeure à l'Institute for Human Centered Engineering de la HES bernoise (BFH)

Interview

« Un projet qui m’intéresse beaucoup, c’est de créer une interface intuitive pour les personnes qui travaillent dans la production. Ces personnes sont en contact tous les jours avec des robots ou des machines et ont plus souvent la fonction d’aider ces robots à faire leur travail alors qu’idéalement, cela devrait être l’inverse: le robot qui aide l’humain. »

  • Qui est-tu ?

Je m’appelle Sarah Dégallier Rochat, je suis mathématicienne et travaille dans le domaine des interfaces hommes-machines et de la robotique.

  • Pourquoi es-tu passionée par l’informatique ?

L’informatique permet de développer des solutions concrètes à des problèmes actuels et d’avoir un impact sur la société. J’adore programmer, c’est un processus qui me permet d’être très créative tout en réalisant quelque chose de concret. Je peux programmer pendant des heures sans me rendre compte du temps qui passe…

  • Sur quel projet travailles-tu en ce moment? ?

Un projet qui m’intéresse beaucoup, c’est de créer une interface intuitive pour les personnes qui travaillent dans la production. Ces personnes sont en contact tous les jours avec des robots ou des machines et ont plus souvent la fonction d’aider ces robots à faire leur travail alors qu’idéalement, cela devrait être l’inverse: le robot qui aide l’humain. Notre but est donc de créer des interfaces faciles à manipuler pour que chacune et chacun puisse programmer un robot l’aidant à être plus performant dans son travail, un peu comme on utilise un ordinateur. Par exemple en utilisant une interface basée sur un langage simple ou en se servant de gestes pour montrer aux robots comment travailler. Pour cela, nous avons besoin d’un système intelligent qui comprenne les intentions des utilisateur∙rice∙s pour que dans le futur, on puisse programmer un robot aussi facilement que lorsque l’on explique la tâche à des collègues. Une de mes visions sur le long terme est que les robots deviennent des outils qui permettent aux travailleurs d’automatiser les tâches ennuyantes et de se focaliser sur ce qui est intéressant. C’était ce qu’il s’est passé avec les ordinateurs: au début, c’était un marché de niche, pour les expert∙e∙s, et maintenant, tout le monde peut les utiliser.

  • Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton travail?

En tant que chercheuse, je cherche à améliorer l’interaction entre l’être humain et les machines, à rendre ces dernières plus intuitives, afin d’assurer qu’elles soient au service de l’humain et pas l’inverse. C’est important pour moi de développer des solutions qui ont un impact social et qui peuvent améliorer le quotidien des gens.

  • Qu’est-ce que tu considères comme un défi particulier dans l‘informatique?

Je pense que l’informatique est un outil très puissant qui a le potentiel d’améliorer notre quotidien, mais qui peut aussi avoir des conséquences négatives, particulièrement dans le domaine de l’automation, que ce soit par l’AI ou les robots. Je pense qu’il est important de réfléchir aux conséquences possibles de l’informatique sur le développement de nos sociétés. C’est justement un des aspects qui me fascine dans mon travail.

  • L’informatique peut-elle changer le monde ?

Oui, malheureusement en bien comme en mal, à nous de décider! Alors réfléchissez à quel monde vous voulez avoir !

  • Aurais-tu souhaité, avant aujourd’hui, plus d’offres / de soutien dans le domaine de l‘informatique?

Je trouve très intéressant ce qui se fait aujourd’hui pour démocratiser l’informatique, par exemple, pour faciliter l’apprentissage de la programmation. Je pense qu’il est encore important de changer l’image de ce domaine et d’accentuer le potentiel interdisciplinaire de l’informatique, la créativité de ce domaine et la possibilité d’avoir un réel impact positif sur le quotidien des gens.

  • Comment faire progresser l‘informatique?

En développant des outils permettant à plus de gens d’utiliser l’informatique pour réaliser leurs idées et devenir des «makers».

  • Qu’as-tu toujours voulu dire aux jeunes informaticien∙ne∙s?

Pense aux utilisateur∙rice∙s. Les ingénieur∙e∙s ne développent pas pour d’autres ingénieur∙e∙s. C’est important de développer pour les autres et de savoir comment le produit servira à des personnes qui pensent peut-être différemment.

 

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